Les informations pratiques tabac

Le Sevrage Tabagique
1 - Données épidémiologiques
¤ En France, une personne sur trois fume.
¤ 80 à 90% souhaitent arrêter de fumer.
¤ Le tabac tue 60000 personnes par an dont 5000 par tabagisme passif (par comparaison aux 5000 tués par les accidents de la route chaque année).
¤ Le risque d’infarctus du myocarde est multiplié par deux par rapport à un non fumeur.
2 - Notions générales sur le tabac
a. Au départ, une plante
Le tabac est obtenu à partir de feuilles séchées et fermentées. Selon la technique, le goût variera : on distingue ainsi le tabac blond, brun….
Il va subir ensuite des transformations dont des ajouts d’additifs selon les marques et selon si l’on veut une cigarette ou du tabac à rouler.
De sa production jusqu’à son usage, le tabac est très réglementé et sa publicité est même interdite.
b. La composition de la fumée
Il y a environ 4000 substances toxiques recensées dans la fumée de cigarette dont l’acétone, le monoxyde de carbone, le toluène, la naphtaline, le ddt, le goudron, le cyanure et bien sûr la nicotine.
Nous allons développer quelques unes de leurs caractéristiques.
Il faut garder à l’esprit que malgrès les nombreuses études dont fait l’objet le tabagisme, certains constituants ne sont toujours pas identifiés et leurs effets ne sont pas tous connus !
- Le monoxyde de carbone
Il a la propriété de se fixer sur l’hémoglobine et se substitue ainsi à l’oxygène qui devrait normalement s’y trouver.
A cause de ce mécanisme, le fumeur est toujours mal oxygéné par rapport à un non fumeur.
Pour illustrer cela, il existe un test de respiration très simple où l’on dose le monoxyde de carbone dans l’air expiré par le fumeur après avoir vidé tout l’air des poumons :
- pour un citadin non fumeur, la norme se situe entre 0,5 et 2
- pour un fumeur dépendant ce taux est à 20
- le risque de maladie dû au tabac est reconnu pour des valeurs supérieures à 5.
Ce que l’on sait aussi, c’est que le nombre de cigarettes n’est pas proportionnel à ce taux. Ce dernier dépend de la façon dont le fumeur tire sur sa cigarette (voir « les cigarettes light »).
- Les substances carcinogènes
Elles induisent les cancers du poumon, ORL, de la vessie et du rein, de l’utérus, du pancréas, et les cancers digestifs (majoré si associés à l’alcool).
- Les substances irritantes
Elles sont très nombreuses à entraîner des irritations des voies aériennes supérieures :
- Lésions des cils vibratiles
- Toux matinale, début de bronchite chronique jusqu’à l’emphysème ou BPCO
- Crachats
- Destruction du tissu pulmonaire.
- La nicotine
C’est le principal responsable de la dépendance physique : le but du fumeur est de maintenir son taux de nicotine dans le sang.
En fait, fumer permet de multiplier les récepteurs de la nicotine dans le cerveau, qui réclament encore plus de nicotine !
La toxicité de ces produits vient de la combustion du tabac qui les génère et ceux-ci sont inhalés par le fumeur quand il « tire » sur la cigarette.
Cas particuliers des cigarettes light : elles ont des filtres plus longs, une bague dorée (effet psychologique) et un filtre microperforé.
Résultat : la fumé est diluée dans l’air inspiré et le fumeur tire plus profondément pour obtenir « sa dose » de nicotine.
Cela fait pénétrer plus profondément les produits de combustion et cause des cancers pulmonaires plus graves car plus distaux.
3 - Les effets sur l’organisme
- a. Dus au fait de fumer
- A court terme : Le tabac diminue votre capacité respiratoire et donc votre endurance physique. Il va déformer, altérer votre perception du goût, de l’odorat et votre haleine. De même il va agir sur la teinte de vos dents,de vos cheveux et votre peau. Il peut provoquer des troubles gastriques (brûlures d’estomac).
- A moyen terme : Comme il contient des goudrons et bien d’autres produits de combustion toxiques pour l’organisme, ceux-ci s’accumulent et peuvent encrasser vos artères et être à l’origine d’accidents cardiaques et cérébraux mais aussi d’infarctus du myocarde (risque multiplié par deux chez le fumeur).
Tout cela retentit aussi sur l’appareil respiratoire avec des bronchites chroniques et une aggravation de l’asthme.
Le risque de cancer du poumon est multiplié par quinze chez les fumeurs de plus de vingt cigarettes par jours.
- b. Dus à la nicotine
La nicotine arrive au cerveau 7 secondes après avoir été inhalée: on appelle cela l’ »effet shoot », et lorsqu’elle arrive sur les récepteurs nicotiniques le fumeur prend alors du plaisir (action anti-dépressive).
Elle est aussi anorexigène (coupe-faim), stimulante (augmente la vigilance et la capacité de réflexion) et augmente le métabolisme : la nicotine aide a brûler entre 200 et 300 calories, le fumeur est ainsi dans une fourchette de poids de 1 à 2 kilos en dessous de son poids normal.
Cela explique en partie la prise de poids lors de l’arrêt du tabac mais ses premiers kilos sont en fait des kilos physiologiques.
Au niveau cardiovasculaire elle fait monter la tension artérielle, induit une vasoconstriction ce qui constitue un facteur de risque important en plus du risque de thrombose, et accélère le rythme cardiaque.
A plus long terme, elle est aussi responsable au niveau pulmonaire, d’une bronchoconstriction aiguë avec blocage de la fonction d’épuration mucociliaire et d’une hyperproduction de mucus que connaît tout « vieux fumeur.
3 - Le sevrage tabagique
a - Les étapes du sevrage
Entre tous les documents disponibles, un test permet d’estimer le degré de dépendance et le mode de tabagisme. L’intérêt de ce test réside dans la prise de conscience qu’il peut vous apporter.
Combien de temps après votre réveil fumez vous votre première cigarette ?
- Dans les cinq minutes : 3
- Entre 6 et 30 minutes après : 2
- Entre 31 et 60 minutes après : 1
- Plus de 1 heure après : 0
Trouvez vous difficile de ne pas fumer dans les endroits interdits ?
- Oui : 1
- Non : 2
A quelle cigarette de la journée vous serait il le plus difficile de renoncer ?
- La première : 1
- Une autre : 0
Combien de cigarettes fumez vous par jour en moyenne ?
- Moins de 10 : 0
- De 11 à 20 : 1
- De 21 à 30 : 2
- Plus de 30 : 3
Fumez vous à un rythme plus soutenu le matin que l’après midi ?
- Oui : 1
- Non : 0
Fumez vous lorsque vous êtes si malade que vous devez rester au lit presque toute la journée ?
- Oui : 1
- Non : 0
En fonction de vos réponses vous obtenez un score auquel correspond des critères de dépendance.
Résultats :
- 10 ou 9 : dépendance très forte
- 8 ou 7 : dépendance forte
- 6 ou 5 : dépendance moyenne
- 4 ou 3 : dépendance faible
- moins de 2 : pas de dépendance
La décision d’arrêter ou non le tabac ainsi que la motivation afin d’y arriver sont très variables selon les individus mais aussi pour une personne donné : cela est surtout fonction de la façon dont les messages sont perçus par le fumeur (impact psychologique), le moment où ces mécanismes s’enclenchent, la facilité à en supporter les désagréments et l’entourage.
b - Le schéma traditionnel
- Le traitement se base d’abord sur 2 à 3 mois en essayant de décroître toutes les 4 semaines. Il est indispensable qu’il n’y ait pas de prescription sur une longue durée sans suivit.
- Le sevrage sera raccourci si aucun symptôme n’est ressenti en cas d’oubli. En revanche il sera supérieur à 3 mois si le patient ressent de l’anxiété, des pulsions ou se retrouve tenté de fumer.
- C’est pourquoi au départ, il ne s’agit pas d’arrêter brusquement si vous ne pouvez pas l’assumer mais plutôt de diminuer la consommation de cigarettes en suppléant la dose de nicotine par des apports que vous pouvez gérer seul.
Le but sera ensuite d’arrêter complètement le tabac c’est-à-dire l’apport de nicotine.
c - Le syndrôme de sevrage
Dans les premiers jours du sevrage, vous pouvez ressentir une difficulté à la concentration ou bien des insomnies qui disparaîtront par la suite.
Si le syndrome persiste et que le fumeur est très dépendant, il faut évoquer un sur ou un sous dosage du substitut et on peut augmenter la dose pour les 48 prochaines heures.
On peut aussi sentir des pulsions de fumer par ondes traduites par une nervosité, une irritabilité corrélée à l’absence de nicotine.
Conseils pratiques pour surmonter une forte pulsion à fumer :
- Changer très rapidement d’occupation: « détourner » la pulsion
- Boire un grand verre d’eau
- Inspirer puis expirer profondément
- Se brosser les dents
- Savoir que cela ne dure que quelques minutes: « tenir bon! »
Une augmentation de l’appétit qui est très souvent un moyen de compensation qui peut nécessiter une prise en charge nutritionnelle. Celui-ci est réduit par l’apport de nicotine.
d - Quelques conseils pour vous aider à démarrer
- Par rapport à votre environnement
- Prévenir son entourage familial, amical et professionnel
- Se débarrasser des cendriers
- Nettoyer l’intérieur de sa voiture (odeur) et faire les poussières chez soi
- Par rapport à vos habitudes de vie
- Répertorier les facteurs déclenchant la prise de cigarettes
- Mettre en place une stratégie d’évitement: changement d’habitudes
- Cigarette à la pause café
- Cigarettes devant la télé le soir
- Cigarettes au moment de la lecture du journal après le repas
- Cigarettes à l’apéritif
- Réduire la consommation de café si trop importante
- Réduire les apéritifs si trop fréquents
- Par rapport à vos habitudes alimentaires
- Importance du petit-déjeuner (pas de petit creux facteur d’envies)
- Alimentation équilibrée (attention au sucre rapide : effet compensateur)
4 - Les moyens de traitement et d’accompagnement du fumeur
La dépendance tabagique est double :
¤ Physique à la nicotine (tardive)
¤ Psychologique et comportementale au geste (précoce)
Les moyens recensés sont :
- Les substituts nicotiniques - seuls réellement efficaces
- L’oxygénothérapie
- L’homéopathie - bon moyen d’accompagnement
- L’acuponcture - bon moyen d’accompagnement
- L’hypnose - bon moyen d’accompagnement
- Le yoga - bon moyen d’accompagnement
- La sophrologie
- Le laser - démontré inefficace
- La magnétisation - démontré inefficace
L’explication de l’efficacité des substituts nicotiniques tient au fait qu’ils pallient aux manques que le fumeur ne ressentait pas car la nicotine qu’il inhalait lui permettait de gérer son stress, de prendre du plaisir, de se sentir plus concentré.
Il est donc important de trouver le dosage de nicotine que le fumeur trouvait dans sa consommation afin de l’aider à dompter l’envie de fumer.
Pour en savoir plus :
¤ drogues/alcool/tabac info service : 113
